« Je me porte bien » : une pièce de théâtre pour sensibiliser le public aux violences faites aux femmes
Écrite par Sonia Aya, fonctionnaire de police, cette pièce raconte l’histoire de Rose, une jeune femme de 22 ans éprise d’un homme qu’elle ne peut se résoudre à quitter malgré sa violence. Conçue comme un outil pédagogique, cette œuvre théâtrale a pour objectif d’aider à comprendre la complexité du fléau des violences conjugales et la difficulté pour une personne de quitter son bourreau.
« Je me porte bien! » a été présentée dans un théâtre parisien durant 2 ans, au festival d’Avignon, à des policiers en formation initiale et continue, à des magistrats, à des intervenants sociaux et médicaux, à des associatifs et en projet à des lycéens et à des condamnés pour violences conjugales. Lundi 27 novembre 2023, elle a été dévoilée à la presse lors d’une présentation effectuée par le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer.
Sonia a dans le cadre de son métier souvent croisé le chemin de victimes de violences conjugales. Elle a été plus particulièrement bouleversée par le regard de l’une d’entre elles dans lequel elle a pu y lire du désespoir et de la résignation. Sonia a alors ressenti le besoin d’écrire une pièce de théâtre intitulée « Je me porte bien!» pour aborder cette problématique des violences faîtes aux femmes et ce, afin d’expliquer au plus grand nombre ce processus pernicieux, tant pour les victimes que leur entourage.
Elle a conçu cet outil pédagogique pour faire de la prévention mais aussi pour montrer aux victimes qu’elles peuvent toujours sortir de ce fléau. Cette pièce vise un large public. A travers sa création, Sonia a eu à cœur d’expliquer tout ce processus qui menait à banaliser et finalement accepter d’être maltraitée physiquement et psychologiquement. D’un sujet lourd, elle a néanmoins voulu y insérer des passages légers, parfois drôles, afin de faire passer son message sans que cela ne soit trop dramatique.
Sonia a construit la trame de son histoire en s’aidant des questions suivantes :
– Est-ce que le fléau de la violence peut toucher tout le monde ?
– Est-ce que l’éducation, la façon d’avoir été aimée par chacun des parents, l’enfance peuvent orienter une victime vers son bourreau ?
– L’inconscient est-il responsable du choix de la proie comme du partenaire violent ?
– Est-ce que la pression sociale et/ou l’entourage peuvent influencer une victime à cautionner la violence ?
– N’y a-t-il pas un problème d’estime de soi, de confiance en soi chez les protagonistes ?
– Qu’est-ce qui fait qu’une femme accepte la première injure, la première bousculade et la première gifle ?
– Quand commence l’isolement ?


